Migoto no Shima

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Nouvelle marchandise en rayon... [PV]

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1 Nouvelle marchandise en rayon... [PV] le Mer 11 Fév - 21:50

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Les murs de la cellule d'Abigail étaient aussi nus que ceux de sa cellule précédente. Au cours des dernières semaines, son horizon s'était limité à ce genre de murs de ciment. D'après ce qu'elle avait compris, elle était une privilégiée au sein de la marchandise. Elle avait pu le constater en passant dans un couloir percé de cellules insalubres. En comparaison, elle résidait presque dans un palace! Un palace vide et très mal entretenu mais un palace tout de même. Tant qu'elle ne leur restait pas trop longtemps sur les bras, tant qu'elle ne leur créait pas trop de problèmes, elle restait pour l'heure une marchandise de luxe : un produit exotique, rare... Aussi sa cellule était elle sommaire, mais propre. On la laissait se laver une fois par jour et elle changeait régulièrement de vêtements –on lui avait d’ailleurs fait comprendre qu’elle ferait mieux d’avoir une apparence impeccable. Depuis deux jours qu’elle était arrivée ici, on l’avait même laissée pratiquer le piano et le chant dans une petite salle : il ne fallait pas qu’elle perde la main, un éventuel acheteur pourrait lui demander une démonstration de son talent.

Le temps était long pourtant. Du fait de la clandestinité de l’échoppe, elle était peu fréquentée et Abigail avait du temps à revendre. Les premières heures de son séjour ici, elle avait tenté de rendre les gens furieux : elle avait chanté à tue tête des chansons paillardes. Malheureusement, ce fut un lamentable échec s’il fallait se fier aux rires et aux commentaires graveleux qu’elle avait récolté. Chanter faux était au dessus de ses capacités… Elle avait donc résolu de se taire et d’attendre.

Mais elle détestait attendre. Elle détestait rester sans rien faire. Alors elle passait son temps à faire toutes sortes de coiffures pour s’occuper les mains, à chanter divers morceau, faires des exercices d’assouplissement des doigts et quelques exercices de yoga, juste histoire de ne pas devenir folle. Assise sur sa couchette, le dos contre le mur et ses jambes croisées devant elle, elle nattait ses cheveux quand elle entendit des pas dans le couloir. Le premier réflexe d’Abigail aurait été de se laisser pousser par sa curiosité et d’aller glisser son charmant nez entre les barreaux pour voir ce qu’il en était.

La jeune Irlandaise se reprit pourtant rapidement : hors de question de leur faire ce plaisir ! Elle avait sa dignité. Elle fit donc comme si de rien n’était, continuant de faire glisser ses doigts entre ses mèches noires et soyeuses. Allons bon ! Quoi maintenant ? Un acheteur potentiel ? S’il avait le malheur de s’intéresser à elle il allait le regretter. Elle n’était pas du genre à s’écraser juste parce qu’on lui avait dit qu’elle était à présent un objet. Et si cette pourriture s’obstinait à vouloir l’acheter –quelqu’un qui achetait un être humain était une pourriture-, alors elle se chargerait de lui faire comprendre qu’elle n’était pas une jolie potiche bien obéissante.

Abigail était rapidement arrivée à une conclusion : se rebeller contre le vendeur ne lui servirait à rien sinon à s’attirer des problèmes. Elle aurait bien plus de chances de s’en tirer si elle réussissait à quitter ces murs...

Kanata Haru

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Ainoko Libre
Ainoko Libre
Bonheur, quand tu nous tiens...Ne nous relâche pas. Pourquoi je dis ça ? Qui je suis ? Rah ! Vous ne pouvez pas attendre que j'ai terminé de prendre du plaisir bande de babouins ?! Je suis occupé là ! A quoi ? A virevolter, rêver, danser...et ce, en compagnie de ma noble et chère Dame Arashi. Quel plaisir, quel délice, que de ne faire qu'un avec les vents de ma Noble Déesse. Je ne me sens réellement vivant que dans les airs...je pense que je ne pourrais vivre sans mes ailes.
Hein ? Qui je suis ? Pourquoi vous voulez vraiment le savoir ?! On ne vous a pas apprit à vous occuper de vos propres affaires quand vous étiez encore un fœtus ? Ralala...Mon nom est Kanata Haru. Je suis actuellement en route pour un lieu nommé "Eden Gliterring". Le patron du magasin, un dénommé Ankoku Suzu, m'a appelé hier au soir. Selon lui, il a obtenue une étrange damoiselle, Non-Reconnu de nos pairs, et qui devrait me plaire.
Je ne suis pas réellement esclavagiste, en fait, je ne cherche un esclave que pour être en accord avec la société. Ces-derniers temps, les Kaijuu me courent sur le haricots, et j'ai la sensation d'être constamment regarder de travers par ces bipèdes sans cervelle. Quoi ? Ce que j'ai fait de mal ? Rien ! Enfin, à part les insulter, être insolent vis à vis de leur existence, me marrer des dernières disparitions d'ainoko...Non, franchement, je n'ai rien fait de répréhensible ! Après tout, je suis un ange...gris. -_-"

Enfin, comme je vous le disais, le p'tiot des Ankoku m'a appelé. Il faut dire que si j'ai accepté de venir, c'est bien parce que c'est lui ! Je préfère remplir son fond de commerce avec mon argent, que celui de sa sœur...Je n'aime pas les autres Ankoku ! Ils ont cessé de se lier à notre nature, ils détruisent notre culte et notre environnement naturel. Suzu, lui, reste d'un naturel vis à vis des Dieux qui me plaît.
Quoiqu'il arrive, je me pose...non sans regret. Le vent qui jusqu'ici balayer mon visage vient me caresser une dernière fois, alors que je pénètre un étrange magasin.
Enfilant ma veste de cuir noir, que je laissé déboutonné pour plus de mouvement, je fit un pas dans ce sex-shop. Oui, vous avez bien lu : sex-shop. Roh ! Ne soyez pas choqué ! On est à Kagen, le quartier de tous les plaisirs...la Terre Sacrée de la Déesse Kyouki !
Bref. La bête à corne à la gueule d'ange et aux yeux depuis longtemps mort s'approcha de moi avec une joie...un peu trop joyeuse ! Rah !! Lâche moi Suzu ! Tu m'étouffes !


"Haruuuu-kun !!! Irashaimase [*] !
- Euh...haï..."


Je sais, j'ai le visage blême, et le regard blasé...et je sais aussi qu'il s'en fiche et n'en a pas prit note. Cette pile électrique a décidé de ne plus me lâcher...Faut dire que vu le nombre de fois où j'ai dépensé ma thune pour m'acheter de quoi planer, il est normal qu'il me considère comme un bon client et un acheteur potentiel de sa boutique de givré ! Et puis, grâce à ça, je vais peut-etre pouvoir en foutre plein aux visages des Kaijuu, dés lors qu'ils verront que j'ai ENFIN une esclave et que donc, je suis clean...Même si ce n'est pas le cas.
Attendez ! Je sais qu'on vient d'entrer dans un couloir sous-terrain très space. Je sais qu'on va vers la cellule de ma probable futur acquisition. Mais je sais aussi que c'est une "Non-Reconnu" ! Bon sang ! Ankoku ! Tu veux m'attirer plus d'emmerdes encore ?! O_O Je suis condamné...Si le chef Kaijuu ou un de ses larbins voient que mon esclave n'est pas légal, les carottes seront cuites pour moi...Bof, je pourrais toujours sacrifier la brebis. NON ! Ce serait aller à l'encontre des enseignements de Dame Taisha. Ra ! Je suis sûr qu'il a fait appel à moi à cause de mon côté croyant et pieu ! Sale gosse ! Vil manipulateur à Cornes ! Satané Croyant qui me connaît aussi bien qu'il se connait ! Je suis maudit...T_T

Bref, passons. La bestiole vient de m'annoncer qu'elle avait du travail à terminer pour sa "Grande-Sœur Adoré". Grognant à l'appellation donné à Ankoku Yuki, cette sale Mafiosa, je continua dans la direction donné par le patron.
C'est ainsi que j'arrivai face à une porte en bois, naturelle, sans rien de bien particulier. Prenant la clé que le gosse m'avait filé, à la dernière minute ayant presque faillit l'oublier dans sa poche, j'ouvris la dernière rempart entre moi et l'humaine non-reconnus comme telle par ma société, en fait, considéré comme rien du tout par ma putain de société à la con, désirant ressembler à celle des humains à première vu !
Mais voilà, je suis tellement con...que j'ai mit la clé et ouvert la porte...Pauvre abruti que je suis, quelle cruelle destiné va donc ENCORE m'attendre ! J'ose espérer qu'elle soit énergique, et qu'elle sorte de la norme...Après tout, je hais les 7 Familles, à l'exception de certains cas comme cette fichue clochette, mais j'ai aussi une certaine rancœur vis à vis des humains. C'est à cause d'eux que notre Terre a perdu de sa splendeur, à cause d'eux que plus jamais Migoto ne sera ce qu'elle a été...On ne peut retourner dans le temps, je ne peux revenir à l'époque où cette guerre n'était aucunement pensable.

Soudain, le système des lumières se mit en place dans la salle. Ma main se trouvait dans ma chevelure, en vrac, même si on pouvait encore apercevoir le lacet noir censé retenir mon catogan. Mon torse gris et imberbe était encore visible par tous, malgré la veste de cuir...Et je ne parlerais pas de mon pantalon en cuir noir, moulant à souhait, et mettant en valeur mes cuises sublimes d'hôte dévoué et d'imitateur né. Je m'égare ? Autant pour moi ! J'aime la flatterie, elle mène tellement loin cette petite. Et pourtant, je n'arrive pas à la pratiquer avec les membres des 7 Familles !!! J'ai vraiment pas de peau, moi j'vous l'dit ! -_-"
C'est alors que j'ouvris enfin mes satané yeux doré...pour avoir le loisir de voir une magnifique damoiselle aux traits peu conventionnel. Alors c'était ça ce qu'il voulait dire l'autre abruti par "une perle rare" ?! Oo


"Si je m'étais attendu à une étrangère..." laissais-je filer de ma voix rauque et profonde.

Enfers et Damnation ! Je n'ai même pas pensé, sur le coup, à utiliser une autre voix ! Je ne mérite plus de vivre ! Ma vie d'imitateur perpétuel vient d'être détruite ! Je ne suis pas sérieux...Et pourtant, j'ai usé de cette voix maudite sans aucune fluidité, ni même musicalité ! T_T
Pauvre créature que je suis...Dame Taisha, Dama Arashi...Veuillez, je vous en prie, pardonner l'existence d'une aussi piètre créature que moi ! Je fais honte à mes talents, talents que vous avez acceptez m'offrir, vous, dans votre grande mansuétude. Je suis indigne de vous Mes Dames.
Hein ? Que j'arrête mon speetch, et que j'arrête de la regarder avec des yeux de merlan frits ?! Et oh ! Ce ne sont pas des yeux de "merlans frits" mais des yeux de "perroquet surprit" ! Oh, c'est que ça rime ! *o*
Bon, j'ai comprit. M'y prenant avec tact, je reprit contenance...et tout en adoptant une voix calme, douce, musical à souhait, je reprit :


"Veuillez excuser mon impolitesse, mais mon compère ne m'avait aucunement préparer à rencontrer une damoiselle aussi peu commune que vous. J'avoue que c'est la première fois que j'ai le loisir de voir à quoi ressemble une humaine venant d'un autre pays, que le Japon."

Soyons poli et respectueux. Peut-être que les humains sont différents selon leur société. Si cela se trouve, elle est moins pourrit que les jap'...Qui sait ? Chez nous, on est bien différent selon notre milieu culturel après tout !


[*] Irashaimase = Bienvenue en Japonnais. C'est surtout employé dans les boutiques ^^"

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La porte s’ouvrit. Elle n’en revenait pas ! Ils faisaient peu cas de sa volonté d’être libre ! Bon, d’un autre côté, s’en prendre à ses geôliers eût été stupide et Abigail se flattait de ne pas être dépourvue de toute jugeote. Ce n’était pas une raison pour se comporter comme une petite esclave bien sage et obéissante. Elle était même plutôt loin de cette idée ! Il suffisait de demander à sa mère ou au Père Connolly, le prêtre de sa paroisse en Irlande. Elle était pieuse, croyait en Dieu et était même plutôt scrupuleuse mais avait tout de même son quota de bêtises, insolences et divers petits pêchés. Que n’aurait-elle pas donné pour se retrouver à l’église, en plein sermon, ou devant sa mère, son corset dégraffé après une « séance de lecture » légèrement prolongée avec Rob Clancy, son flirt du lycée. Rob avait des mains gigantesques, des yeux d’un brun chaleureux et la langue la plus agile qu’elle ait jamais connue. Pas qu’elle en ait connue tant que ça… Un soupir passa ses lèvres incarnates. Bon d’accord, elle était une gentille petite fille horriblement sage. 20 ans et toujours… hem… très inexpérimentée. C’est sa mère et le Père Connolly qui auraient été heureux de l’apprendre. Enfin, ils auraient surtout été heureux de la savoir à leurs côtés.

Pourquoi n’était-elle pas restée chez elle ? Pourquoi avait-il fallu qu’elle parte à Londres ? L’Irlande était le plus beau pays du monde et dans son petit village, aucune jeune fille ne se faisait enlever pour être vendue à l’autre bout du monde ! Ca elle en était absolument certaine. Mais elle le savait bien : elle était obligée de partir. La musique était toute sa vie et Abigail le savait bien, même si elle en était attristée : ce n’était pas de son petit village sur la côte irlandaise qu’elle pourrait se faire connaître et vivre de sa passion. Le Seigneur avait du la trouver bien trop imbue d’elle-même et de sa voix pour lui infliger une telle punition. Elle le savait pourtant que la vanité était un pêché, d’autant plus qu’elle Lui devait sa voix comme tout ce qui avait pu arriver de bon dans sa vie. Et le moins bon aussi, même si jusqu’à ce jour ça s’était limité à une jambe cassée, l’insistance de Dylon Grant au collège et de trop longues semaines passées à se nourrir de pommes de terre. Et puis il y avait eu ça. Et lui.

Elle sut tout de suite que c’était un homme, ça s’entendait. Abigail prit un soin maniaque à ne pas lui accorder un seul regard. En ce qui la concernait il ne pouvait pas être là puisqu’elle n’était pas une esclave. Si elle n’était pas une esclave, un objet, on ne pouvait pas la vendre. Si personne ne la vendait, personne ne pouvait envisager de l’acheter. CQFD
Mouais… Il aurait peut-être fallu que quelqu’un songe à mettre tout ce petit monde au courant, car pour autant qu’elle sache ; elle n’était pas là pour jouer au bridge.

N’afficher aucune réaction. Faire comme s’il n’était pas là. Peut-être que si elle l’ignorait avec assez de conviction, il disparaîtrait ? Un peu comme elle avait espéré que l’homme qui l’avait enlevée prendrait feu spontanément et mourrait dans d’atroces souffrances, poussant des cris qu’elle aurait entendus depuis sa cellule. Bon, ça n’avait pas encore fonctionné à sa connaissance, mais elle continuait d’espérer. Sa conscience la titillait peut-être un peu, mais quelque Notre Père suffisait à la tranquilliser. Sa belle indifférence, montée de toute pièce fut égratignée par sa voix. Il avait une voix à faire frissonner un cocotier sur une plage des Bahamas. Du moins était-ce l’effet que ça lui faisait. De saisissement, elle cessa un instant de faire glisser ses doigts entre ses mèches. Il ne lui fallut qu’une poignée de secondes pour se reprendre et continuer son manège avec application.

Sa voix ne changeait rien. Tout le monde savait que le démon revêtait les plus douces apparences pour accomplir ses méfaits. Et Abigail n’était pas prête à se laisser prendre par quelque démon que ce soit. Elle l’écouta sans en rien laisser paraître. Son but était de récolter le plus d’informations possibles afin de s’en servir pour fuir. Face à la volonté qu’il semblait mettre à faire des salamalecs, elle révisa sa stratégie. Sa voix semblait différente à présent, au point que la jeune Européenne crut un instant avoir imaginer la tessiture de la précédente. Tandis qu’il continuait de lui parler d’une voix somme toute très agréable, elle ne put s’empêcher de la trouver impersonnelle en comparaison. Son oreille musicale était irritée par cette douceur. Sa voix était si lisse qu’elle se faisait l’impression de boire un verre de lait de soja : ça s’appelait du lait, c’était blanc, mais ça n’était pas du lait. Quand elle commençait à penser en terme alimentaire, c’était que les mots lui échappaient. Elle avait horreur de ça.

Une chose était certaine en tout cas, si son « visiteur » voulait prendre les choses ainsi, elle allait lui montrer qu’elle aussi pouvait jouer la comédie. En effet, toute cette entrevue tournait à la mascarade. La journée prenait des allures de comédie de boulevard. Il venait ici, dans un magasin clandestin d’esclaves ? Et il se perdait en ronds de jambes ? Réfrénant la bouffée de colère qui agitait son sang Irlandais, elle prit une profonde inspiration qui fit saillir son décolleté. Abigail cessa de jouer avec ses mèches, les faisant passer par-dessus son épaule et, ramenant ses jambes sur le côté, elle redressa enfin le visage, posant ses yeux de glace sur l’Ainoko. Elle avait pu rencontrer deux ou trois représentant de l’espèce depuis son arrivée et était chaque fois étonnée de leur variété. Mais sa mère l’avait bien élevée : on ne jugeait pas les gens sur leur apparence mais sur leurs actes (cf : le diable et ses douces apparences). Autant dire que le lascar partait mal avec elle vues les circonstances de leur rencontre
Loin de laisser paraître ses sentiments, Abi lui sourit d’un air suave avant de répondre sur le ton de la conversation :


- Ne vous excusez pas voyons. Votre surprise est toute naturelle. J’ai cru comprendre que vos concitoyens n’avaient pour habitude de réduire en esclavage que des ressortissants japonais. Je dois même m’estimer plutôt heureuse que vous n’ayez rencontrez aucun de mes compatriotes, ne pensez vous pas ?

Son sourire semblait aussi franc que s’ils avaient parlé de la pluie, du beau temps et de l’éclosion des roses dans le jardin du presbytère, pourtant, à aucun moment le regard d’Abi ne s’était réchauffé. Et il ne risquait pas de le faire quand on connaissait la façon dont elle envisageait sa situation. Elle continua, portant sa main à sa poitrine en un geste faussement navré.

- Je vous aurez bien proposer de vous asseoir pour une tasse de thé et une part de gâteau, mais comme vous l’aurez remarquez, le confort est spartiate et le service… on ne peut plus rudimentaire.

Elle pencha légèrement la tête sur le côté en haussant les sourcils d’un air prétendument intéressé. Maintenant qu’elle était lancée, la mécanique était chaude pour continuer dans la ligne sarcastique pour des heures et des heures. Après tout, il jouait sur son terrain, à elle de se montrer suffisamment offensive pour le déstabiliser et marquer des points.

- Mais peut-être préférez-vous entrer dans le vif du sujet ?

Elle se leva enfin du lit. Ses cheveux balayèrent le creux de ses reins et elle lissa sa jupe avant de le rejoindre tout en continuant :

- Je dois dire que je ne sais pas trop en quoi cela consiste. On ne m’a encore jamais vendue comme si je n’étais rien de plus qu’un meuble jusqu’à ce jour.

Si sa voix semblait tout aussi neutre et aimable qu’elle l’avait été jusqu’à présent, ses lèvres formaient une petite moue moqueuse :

- Vous me disiez voir une étrangère pour la première fois, j’espère au moins que vous ne regrettez pas de vous êtres déplacé, Monsieur… ?

Elle haussa un sourcil curieux, l’invitant à se présenter. Abi devait lever les yeux pour le regarder et cela ne faisait que l’agacer encore plus. D’habitude… enfin quand elle était encore chez elle, elle portait des talons hauts, voire très hauts. Des talons aiguilles d’un peu plus de dix centimètres lui semblaient une bonne moyenne. Mais depuis qu’elle était arrivée, elle avait du se contenter d’escarpins trop sobres à son goût, et surtout trop grands, au point qu’elle restait pieds nus la plupart du temps et n’avait renfilé les chaussures qu’en se levant du lit. Comme pour compenser leur différence de taille, elle releva le menton, une lueur de défi s’allumant dans ses yeux bleus, et croisa les bras sous sa poitrine. Qu’il essaye un peu de l’intimider, de la rabaisser ou quoi que ce soit et il verrait comment on élevait les filles en Irlande… Pas qu’elle ait eu à se plaindre de son comportement jusqu’à présent, mais elle n’avait pas non plus l’intention de se montrer particulièrement coopérative…

Kanata Haru

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Ainoko Libre
Ainoko Libre
Eh ben ! Je crois n'avoir jamais été aussi bien ignoré ! Quoique non...Ma "famille" m'a ignoré et rejeté avec autant de force, si ce n'est plus, que cette nénette. Mais bon, puis-je la plaindre ? Contrairement aux jap', pour lesquels la sentence d'esclaves me paraît trop douce en raison de leurs actes passés, les autres n'y connaissent rien ! Je sais que Suzu trempe dans ce commerce pour répondre aux besoins des clients...Et aussi, pour gagner de l'influence et se détacher des Ankoku, mais il n'empêche que j'ai du mal à trouver comment je dois réagir !
J'avoue...Je suis prit au dépourvu. Elle est belle, c'est un fait certain. Cependant, cette beauté exotique n'est en rien commune à ce dont j'ai l'habitude ! Cela me prend de cour...mais j'aurais dû m'en douter depuis le début ! Ils sont rares les esclaves nippons à arriver ici...Cela signifie des Dettes contracté vis à vis de l'Eden généralement.
Attendant qu'elle décide d'elle-même de s'exprimer, je partit m'adosser au mur. Je lui faisais face, attendant qu'elle lève les yeux et parle. Quelle sonorité allait bien pouvoir avoir sa voix ? Serait-elle douce et délicate, comme elle ? Profonde et envoutante ? Serait-ce une voix que mon don pourra reproduire sans difficulté, ou une dont l'imitation ne sera qu'incomplète ? Car oui...Je ne peux copier toutes les voix ! Certaines, comme celle d'Ankoku Suzu, ne peuvent être réellement copier. Je suppose que, pour ce-dernier, cela vient de son pouvoir...Mais certaines voix humaines restent hors de ma portée. Celle dont la force et le charisme ne peuvent être contester, celles qui charment, envoûtent...Enfin, je m'égare.

Alors que mon regard se faisait lointain, et que je reprenais mes rêves de liberté dans un vol avec Dame Arashi...Sa voix me parvint. D'une beauté à me couper le souffle, et pourtant, je ne commenta pas, je resta de marbre, jusqu'à ce qu'elle est déterminé sa tirade. La comédie, elle ne sait pas la jouer elle. Son regard exprime le total contraire de ses mots...Quoique, plus on entrait dans le "vif du sujet", plus il était en accord avec ses mots ! S'en est amusant, et risible ? Peut-être bien, oui.
Encore une voix, on juge sans savoir. Elle se plaint de sa condition ? C'est logique. Mais peut-elle la lui reprocher ? Non...Lui, il est venu car Suzu a conscience qu'il a besoin d'un "esclave" pour se discréditer aux yeux des Kaijuu. Il sait qu'un esclave dont je dois assumer les responsabilités seraient trop dangereux, dans le cas où il voudrait me faire payer ! Un "Non-Reconnu" est donc le mieux pour moi ?
Alors qu'elle arrivait à la fin de son long monologue, je soupirais et tirais une clope de mon veston. Rapidement, elle rejoignit mes lèvres, et le briquet se chargea de l'allumer. Je tira une profonde bouffée, avant de relâcher la fumée néfaste, même si une partie e était déjà descendu dans mes poumons.


"Déjà fini ? Cool. Bon, sache qu'avoir quelqu'un dans les pattes n'ait pas pour m'enchanter. Cependant, sans ça, j'aurais des emmerdes avec la "police" de la ville. Une bande d'abrutis d'Ours et de Caniches..."

Tirant une nouvelle fois sur ma clope, j'avais prit la peine de parler avec ma voix personnelle. Elle fait peur, certes, mais quand je fume...j'ai du mal à utiliser une autre voix.

"Pour faire simple, en tant qu'esclave illégale, tu es responsable de tes actes. Tu as un maître, certes, mais si tu fais une connerie tu subiras la justice de notre île. Je crois que c'est pour cette raison que le chef des lieux m'a appelé...Je ne peux pas me permettre de m'encombrer d'un esclave qui serait susceptible de m'apporter des emmerdes, c'est la raison pour laquelle je vais t'acheter, pour être tranquille et pouvoir continuer mes activités."

J'en ai déjà marre ! Pourquoi suis-je obliger de me coltiner une humaine ? Hein ? Un ainoko m'aurait rendu encore plus suspect ? Fais chier ! Même si je hait les sept familles, je ne suis pas l'investigateur de ces dernières disparitions...quoique, j'avoue que je suis totalement pour leurs actions !
Quittant mon mur, je vint m'asseoir sur le lit pour m'y avachir. Alors, continuant de fumer, je poursuivit :


"Pour faire simple, tu vivras chez moi, tu auras un collier car c'est obligatoire...et ce sera tout. peut-être que tu pourras m'aider pour le ménage et la cuisine, mais ça, je pense que je mettrais un planning. Tu pourras te balader et faire ce que tu veux...Ton illégalité sur cette île me protège de toutes responsabilités, je n'ai donc pas à être spartiate avec toi, ni même à m'inquiéter de t'avoir dans mes pattes. Seul hic, tu ne pourras jamais avoir un travail, même si je le voulais. Tu vis à mes crochets..."

Tss...Elle a intérêt à rester sobre dans ses demandes de vêtements ! Car bon, va falloir la vêtir la miss...Mère Taisha, Dame Arashi ! Qu'ai-je fait de mal pour mériter cette sanction !? Car oui, avoir un humain prêt de moi et une sanction...Je ne sais comment faire ! Rah, d'abord, asseyons nous correctement et regardons-là dans les yeux.

"Sur ce, qu'en penses-tu ? Les "maîtres" comme moi qui ne cherche pas à avoir des esclaves sont peu nombreux. J'ai de la rancune envers les jap', mais aucunement envers les autres nations. Ceux qui ont détruit l'équilibre de cette île, ce sont les 7 Familles et le Gouvernement Japonnais. Je ne vois donc pas pourquoi je te ferrais subir quoique ce soit de déplacer..."

J'ai beau avoir conscience qu'un regard sérieux, profond et empli de tristesse, rage et colère m'habite...Je ne peux l'ôter de mon visage. A chaque fois que je me retrouve face à un esclave humain, je repense à cette guerre, il y a 20 ans. Je revoit encore les champs de batailles...J'entends encore les ordres de nos supérieurs, ces enfoirés de Kaijuu. Les motivations de ces Larves d'Humains...Faire de nous des cobayes : JAMAIS !
Me calmant petit à petit, je me rendit compte que je venais de terminer ma clope. Me relevant du lit, je me positionnais face à la jeune humaine, et la fixer du regard...en attente d'une réponse.


"Avons-nous un compromis ? Je te sort d'ici et tu pourras jouïr du maximum de liberté dont peu bénéficier un Humain sur Migoto...En échange, tu acceptes de m'accompagner de temps à autre à des soirées, en tant que "servante"...Histoire qu'ils sachent que j'ai enfin un "esclave à mon service" et que donc, je suis clean."

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La façon dont l’aïnoko accueillit son petit discours la mit hors d’elle. Elle le foudroya du regard et sentit ses joues rougir. Elle détestait rougir. D’autant plus que ça amusait beaucoup de monde. Ayant hérité du teint pâle et laiteux de sa rouquine de mère, elle rougissait aussi facilement qu’elle se faisait des bleus, pour une raison qu’elle ne comprenait pas bien, un certain nombre de garçons qu’elle avait pu connaître –et quelques filles aussi- la trouvait « adorable » quand elle rougissait. C’était le mot qu’ils employaient. Abi n’aimait pas être adorable. Un chaton est adorable, un bébé est adorable mais elle n’était ni l’un ni l’autre. Elle préférait encore qu’on la dise belle, sexy qu’en savait-elle ? Mais pas adorable. Deux solutions s’offraient à Abigail : Fondre en larmes en réclamant sa maman –très tentant- ou s’excuser humblement et promettre de se comporter bien sagement à l’avenir. Elle hésita une fraction de seconde puis choisit la troisième option.

Elle planta ses mains sur ses hanches et l’écouta annoncer sa proposition. Enfin, ce n’était pas vraiment une proposition : personne ne lui demandait son avis. Tout au plus pouvait-elle se flatter qu’il prenne la peine de lui annoncer à quoi elle devait s’en tenir. Pourtant ce n’était pas ce qui allait suffire pour calmer Abigail, et encore moins pour la rendre docile. Au moins était-elle encore suffisamment maîtresse d’elle-même pour écouter ce qu’il avait à lui dire. Pourtant, elle ne parvenait pas à être calme. Loin de là, en fait. A mesure qu’il parlait –de façon plutôt rationnelle et prosaïque, il fallait le reconnaître-, elle ne pouvait s’empêcher de retenir surtout les points qui la mettaient hors d’elle. Chaque fois qu’il parlait de son futur statut d’esclave elle serrait un peu plus les dents. Chaque fois qu’elle voyait rougeoyer le bout de sa cigarette, son regard devenait plus froid encore et il lui fallait fournir un effort incommensurable pour ne pas la lui arracher du bec et l’écraser rageusement du talon.

Abigail ne comprenait pas tout ce qu’il racontait. A l’entendre, il était presque forcé de prendre un esclave ! Enfin une esclave dans son cas. Elle voyait mal comment on pouvait justifier un tel acte. Et son histoire était absolument ridicule ! Comment aurait-elle pu croire une histoire pareille… D’ailleurs il ne lui expliquait rien du tout ! Quand à ses scrupules ou autres, ça lui faisait une belle jambe ! Non mais franchement ! En ce qui la concernait, qu’il préfère prendre une esclave clandestine ou non et les raisons pour lesquelles il avait pu faire ce choix, elle s’en souciait comme d’une guigne. A la limite, elle aurait préféré qu’il s’abstienne de ce genre de commentaires : ça ne changeait rien à sa propre situation à savoir qu’elle allait être vendue et se retrouver sous le joug d’une personne, soumise à sa volonté.

Ses belles promesses, Abigail n’y croyait pas vraiment. D’ailleurs, elle ne voyait rien de bien enviable dans la situation qu’il lui proposait. Le plus de libertés accessibles à un humain ? Alors qu’elle ne pouvait pas travailler ? Qu’elle ne pouvait pas sortir sans un fichu collier ? Et encore, Abi était certaine que ça ne se limiterait pas à ces contraintes ! Et avec tout ça, il lui demandait si elle était d’accord ? Si le « compromis » lui convenait ?! C’était vraiment ridicule. Quand il eut fini, elle plissa les yeux, profitant de ce qu’il était assis pour le regarder de haut.


- C’est une plaisanterie ? Vous espérez que je vais être reconnaissante ? Si j’ai bien tout compris vous me proposez de travailler pour vous. Sauf que mon job sera à plein temps, que je serais payée en nature par le gite, le couvert et la pitance avec ce que vous voudrez bien me donner et qu’en contrepartie je serais à votre entière disposition pour jouer les rôle de bonne, cuisinière, faire valoir et diverses tâches ingrates qui pourraient bien vous traverser l’esprit. Sans oublier que je devrais faire attention au moindre de mes mots, au moindre de mes gestes vingt-quatre heures sur vingt-quatre, me promener avec un collier comme une voiture doit avoir sa plaque d’immatriculation ?

Elle avait énuméré chaque point au bout de ses longs doigts pâles et lui demanda avec un air mêlant la colère et l’ébahissement :

- J’ai bien résumé votre « merveilleuse » proposition ou j’en oublie ?

Sans réellement attendre de réponse, elle se mit à faire les cent pas dans le maigre espace que n’occupait pas son lit. Continuant de vitupérer d’un air qui ne cachait plus aucun sarcasme, les yeux levé au ciel comme pour prendre le Seigneur à témoin :

- Sincèrement, je vois mal comment quiconque pourrait refuser une offre si généreuse. Ce n’est pas comme si j’avais prévu de faire autre chose de ma vie après tout. Qui peut bien se soucier de mes rêves ? Oh ! suis-je bête ! Ajouta-t-elle en se tournant vers lui d’un air qui singeait la surprise. Certes pas vous ! Je ne suis que votre humble servante, j’écoute et j’obéis, Ô mon maître !

Elle prononça ces derniers mots sur un ton humble et docile, s’inclinant dans une profonde révérence, au point que ses cheveux glissèrent sur son épaule, caressant son décolleté. Abigail se redressa, croisa les bras, relevant le menton et ajouta, narquoise :

- Franchement, ai-je vraiment le choix ?

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